Salary est un petit village de pêcheurs de la côte ouest de Madagascar, situé entre Andavadoaka et Tuléar. C'est une carte postale grandeur nature. Les pêcheurs Vezo (ethnie de pêcheurs nomades) sortent tôt le matin leurs pirogues à balancier munies de voiles de fortune. Aux heures chaudes, tout le monde vit au rythme du « mora-mora », un art de vivre au ralenti cher aux Malgaches.
La baie de Salary est un paysage somptueux. Au bord du lagon d'Ambatomilo qui s'étend sur plus de 100 kilomètres d'Ifaty à Andavadoaka, ses eaux turquoises et ses plages de sable blanc à perte de vue en font un endroit de toute beauté, le tout dans une immensité et un calme presque irréels. Seuls le claquement des vaguelettes du lagon pourraient troubler la tranquillité de cette nature vierge et encore préservée.
Non loin de là dans les terres vit une ethnie hors du commun : Les Mikea. Est-il possible de vivre, ou de survivre, dans une
forêt où il n'y a ni source, ni mare, ni puits, et
en fuyant tout contact avec l'extérieur ? Là est le
mystère des Mikea et on ne compte plus les chercheurs
et scientifiques qui ont tenté de le percer.
Louis Mollet formule ainsi l'équation : « Il peut
paraître invraisemblable que de nos jours, des
hommes et des femmes vivent des semaines, des
mois, voire des années sans boire. C'est pourtant
ce qui arrive à un petit groupe de Malgaches retirés
dans cette région du Nord de Tuléar, connue
sous le nom de forêt épineuse des Mikea ». Dans
cette forêt pousse une succulente igname appelée
baboho dont les tubercules, grosses comme la
cuisse, sont la base de leur alimentation. S'y ajoutent
ce que rapportent la chasse et la cueillette –
car les Mikea se déplacent en permanence – et
qui seront mangés crus, grillés, ou cuits sous la
cendre. Cet environnement est malheureusement
en train de sérieusement se détériorer. « Sans leur
forêt ils ne pourront pas survivre », s'alarme Théo
Rakotovao. « Si cette étendue venait à disparaître,
c'est tout le peuple des Mikea qui est condamné
à l'extinction ».