Dans ce havre de l’écotourisme, le Mananara Lodge de Boogie Pilgrim est plus qu’un hôtel. Tout ici, de la conception à la réalisation, évoque le respect des principes « éco ». Pas de bois précieux, juste de l’eucalyptus et du pin teintés et durcis avec du vernis. Pour les sols des tomettes de Betafo et pour les murs, des briques fabriquées dans un rayon de moins de 10 km. La teinture est un mélange de ciment blanc, de poudre de marbre, de terre, et de fécule. de manioc, le tout passé à la cire d’abeille. Les meubles sont l’oeuvre de petits menuisiers du village voisin d’Andriampamaky, et d’authentiques roues de charrette sont devenues des lustres équipées de lampes halogènes. L’eau est captée par une pompe hydraulique autonome Made in Australia capable de fournir, gratuitement et sans surveillance, 1000 litres par 20 heures. Les lavabos sont confectionnés à partir de vans métalliques qu’on appelle ici « sahafa ».
Même le circuit d’eau chaude est on ne peut plus « éco » : des cuves de chauffe eau électrique munis d’une cheminée à l’intérieur et, derrière chaque bungalow, un four à bois que le gardien allume le soir ou de bon matin. Résultat des courses, une belle eau hyper chaude à souhait. Le Mananara Lodge possède un restaurant de 30 couverts dont la cheminée, si elle pouvait parler, aurait beaucoup à raconter sur sa fabrication également « maison », et 5 bungalows très confortables qui pourraient à terme passer à 9. Ils ont cette originalité d’avoir été construits pour une partie en dur et pour une autre en toile importée d’Afrique du Sud mais cousue sur place. Les matériaux utilitaires comme la tôle des toits sont bien dissimulés notamment avec du « zozoro ».
On est à Anjozorobe ou on ne l’est pas ! 9 circuits sont au programme, dont un autoguidé, balisé à la manière d’un jeu et permettant de s’affranchir de cette pesanteur qu’est parfois la présence d’un guide. D’autres projets sont en gestation, tel celui de week end à thèmes où les clients pourraient par exemple s’initier à la confection de plats malgaches. Mais chaque chose en son temps, du côté de la rivière Mananara…