En territoire Bara,
situé à quelque trois cent kilomètres de Fianarantsoa et deux cents kilomètres
de Tuléar, l'Isalo désigne trois îlots de
massifs, séparés par de vastes étendues
de savane herbeuse, qui s'étendent
sur près de 100 kilomètres dans
le sens Nord Sud. Pour protéger cette
chaîne dont l'altitude varie de 500 à
1200 m, le Parc National de l'Isalo a
été créé dès 1962. Aujourd'hui,
l'aménagement de nombreuses
infrastructures hôtelières et sa facilité
d'accès en font un des Parcs les
plus visités de Madagascar.
C'est au bureau du Parc de Ranohira,
petite bourgade située à proximité du massif et en bordure de la nationale que
le visiteur pourra obtenir des informations,
louer les services d'un guide et
enfin s'acquitter de ses droits d'entrée.
En effet, de nombreux circuits ont été
aménagés pour permettre selon le
niveau physique de chacun de découvrir
les nombreuses facettes de l'Isalo.
La marche offre le meilleur
moyen de parcourir en profondeur les
enchaînements de canyons et surmonter
les masses aux formes étranges, sculptées
par les vents et les eaux.
Composé
essentiellement de grès jurassiques
épais formant un massif fortement
érodé, entaillé de canyons profonds, les
scientifiques ont trouvé une expression
pour qualifier cette morphologie
impressionnante, indescriptible : "massif ruiniforme".
Dans cette zone sèche et aride,
l'Isalo fait office de réservoir d'eau, ce
qui offre à l'environnement une grande
diversité d'écosystèmes. La vie se perpétue
dans ces oasis encaissées où poussent
pandanus et palmiers et d'où les
grenouilles émettent leur chant nocturne.
Une abondante végétation de roseaux,
bambous et fougères entoure cascades et
ruisseaux où l'eau coule une grande
partie de l'année.
Une dizaine de mammifères
cohabitent dans le parc dont trois
espèces de lémuriens diurnes : le Propithèque de verreaux ou "sifaka" au
pelage blanc, bien adapté aux conditions
climatiques difficiles, le lemur
fauve et le lemur catta plus familièrement
appelé "maki" à la queue annelée
noir et blanc. Ce dernier occupe habituellement
un habitat forestier. Dans
l'Isalo, il s'est adapté à son environnement
rocailleux et se joue des falaises
abruptes grâce à la partie dure des
paumes de ses mains, qui le protége des
épines des arbres et de la rugosité des
roches. C'est à proximité du "canyon
des singes" que l'observation de
groupes de lémuriens est assez aisée,
notamment tôt le matin. Une petite
marche suit un cours d'eau qui serpente
au travers d'immenses blocs rocheux
arrondis et polis par les eaux. A l'ombre
d'une végétation étonnante, ce canyon
très encaissé, aux parois hautes de plusieurs
dizaines de mètres, nous permet
d'apprécier les bienfaits d'une baignade
dans ses eaux cristallines.
C'est également un espace
digne d'intérêt pour le birdwatcheur.
55 espèces d'oiseaux évoluent dans le
parc dont le faucon Crécerelle qui a la
particularité de ne pas construire de
nid. En effet, il dépose ses oeufs dans les
cavités rocheuses naturelles à flanc de
falaise. Le merle de roche et le coua sont fréquemment rencontrés.
Dans ce paysage silencieux, le
vent qui souffle entre ces formes évocatrices
est chargé de sens : peut-être
est-ce le murmure d'un ancêtre Bara…
L'Isalo, abrite, il est vrai, leurs sépultures.
Celles-ci sont placées à des hauteurs
vertigineuses, pour dissuader les
pilleurs de tombes. Au gré
de son imaginaire, l'homme a parfois
vu dans la forme naturelle de ces blocs
rocheux des silhouettes plus ou moins
familières : une botte, un loup, un lion,
un crocodile, une fenêtre, et la plus
célèbre, "la Reine de l'Isalo", qui
découpe en contre-jour un profil de
visage surmonté d'une couronne ; ici
tout est mystère et légende.
Thompson Andriamanoro
Le massif de l'Isalo 37 photos
Panorama de la Route Nationale 7
dans le massif de l'Isalo