Ifaty et Mangily

Scène de pêche à Ifaty, Madagascar

Trois choses viennent immédiatement à l'esprit à l'énoncé du nom des villages d'Ifaty et Mangily, à quelque 27 km au Nord de Tuléar : un, le tourisme balnéaire dans un site de rêve, deux, les villages de pêcheurs car Ifaty est presque devenu un nom "générique" désignant toute la bordure du lagon, et trois, le Bal Poussière ou "Tsom-demboke", haut en couleurs et en rythmes tropicaux.

Moins connue est l'initiative de sauvegarde des tortues au "Tanànan'i Sokake" ouvert en 2005 avec initialement quelque 900 "pensionnaires". Ce Centre qui s'étend sur 7 ha a pour objectif d'accueillir et de soigner les tortues saisies auprès des trafiquants par les douanes, la gendarmerie, les Eaux et Forêts ou l'Angap. On citera notamment la grosse tortue étoilée "Sokake" ou Astrochelys Radiata, dont la chair est malheureusement très prisée des Vezo alors qu'elle est "fady" chez les Sakalava, et la petite tortue-araignée "Soakapila" ou Pyxis Arachnoïde. Sauvées des pseudo-bonnes cuisines et autres animaleries, les tortues sont à terme relâchées progressivement dans leurs milieux naturels. Si Tanànan'i Sokake n'est pas tout à fait un ""site" au sens visuel du terme, il joue en toute discrétion un rôle important dans la conservation du patrimoine naturel du Sud malgache et son écotourisme.

La barrière de corail du Sud-Ouest s'étend sur des centaines de kilomètres approximativement d'Andavadoaka au Nord à Itampolo au Sud, mais on a l'habitude de l'associer plus à Ifaty qu'à un autre site du littoral. Les récifs coralliens génèrent et protègent un environnement qui permet d'admirer en toute sécurité la faune et la flore sous marines. Ceux d'Ifaty sont intercalés de passes qui relient la haute mer et le lagon. A l'intérieur de celui-ci la profondeur dépasse rarement les 5 mètres. Le fabuleux paysage sous marin formé par les coraux, les anémones, et les éponges s'irise et joue avec les nuances en fonction de la marée, pendant qu'une infinie variété de poissons multicolores et aux noms exotiques tissent et composent leurs tourbillonnantes chorégraphies…

Texte : Thompson Andriamanoro
Photos Pierre-Yves Babelon

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