Soudain l’air s’agite, une onde frétillante venue du fond de la rivière se rue dans les filets, les filles crient, rient et dansent avec leur voiles, chorégraphie excitée et humide déréglée par les courants poissonneux, miraculeuse farandole nourricière. Les mères appellent leurs filles, les filles appellent cette vie chaude dans le creux gavé du ventre de leurs filets ; c’est la belle joie du vilolitra, la montée d’alevins. Demain, toute de suite, juste après, alors que le sable sera rendu à la mer, ne resteront dans les sceaux que de grasses poignées blanches vendues à toute jambe dans la ville voisine, ce soir dans le village les feux seront gais…