Belo sur Mer

"Le village des goélettes de la Côte Ouest"

Belo sur Mer, Madagascar

En 1861 le roi Radama II, soucieux d'ouvrir son pays sur l'extérieur, sollicite de Napoléon III l'envoi de charpentiers de marine. C'est à Joachim et à ses trois fils, originaires de Bretagne, que cette mission de coopération technique est confiée. Ils s'installent à Belo sur Mer, village de pêcheurs à 80 km au Sud de Morondava. Ainsi commence l'histoire des goélettes de la Côte Ouest.

Ces "vazaha" proposant de fabriquer des bateaux plus grands et plus rapides trouvèrent des oreilles attentives chez les Vezo, fameux marins et habiles constructeurs de pirogues à voile. Après le retour en France de la famille, les plans se sont certes perdus mais pas les gestes ! Les apprentis devinrent à leur tour de véritables maîtres-charpentiers transmettant à leur descendance un savoir empirique. Mais aujourd'hui la goélette malgache souffre de la raréfaction du bois et d'un certain étiolement des connaissances, oralité oblige, au fil des générations.

Goélette de Belo sur Mer, Madagascar

En 2001, une ONG française de la région de l'estuaire de la Loire, TransMad Développement, s'engagea dans un programme d'appui aux activités de construction des goélettes. TransMad travaille en relation notamment avec la Coopération Française, le WWF, l'ANGAP, et le Ministère de l'Environnement, des Eaux et Forêts, et du Tourisme. L'objectif du projet qui a été baptisé "les Ateliers de Joachim" est de moderniser la filière goélette en vue de valoriser la gestion des ressources naturelles des forêts tropicales sèches. Le correspondant au Nord de ce programme est un projet parallèle baptisé, lui, "les Pontons de Joachim" destiné à la fois à entretenir en Loire Atlantique un esprit de citoyenneté internationale, et à mener des actions de promotion en faveur de la Grande Ile.

C'est ainsi qu'en Juillet 2006 les côtes bretonnes virent le "retour", près d'un siècle et demi plus tard, d'une authentique goélette conçue selon les techniques traditionnelles. Le "Lovasoa" - c'est son nom - jauge 11 tonneaux et mesure 14 mètres hors tout. Construite à Morondava et mise à l'eau en Novembre 2005, elle est ensuite entrée en chantier de "rafraîchissement" et d'aménagement intérieur à Tuléar avant de partir pour les derniers travaux de mise en conformité en France. Le «Lovasoa» a à son programme une campagne de navigation incluant une dizaine de ports et autant d'occasions de promouvoir le label "Vita Malagasy". Art culinaire, biodiversité, Sud-Ouest et culture Vezo y seront à chaque fois aux places d'honneur.

Bon vent et belle mer, pour que vivent nos goélettes !

Texte : Thomson Andriamanoro
Photos Pierre-Yves Babelon
Remerciements à l'Ecolodge du Menabe

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